from the east to the net

06 juin 2006

C'est dans la vallée, c'est là que ça se passe...

Connaissez-vous donc le festival "C'est dans la vallée" ?

Si la réponse est non, ne prenez pas vos jambes à votre cou pour autant. Ce blog est fait pour vous: il vous ouvrira des chemins de traverse depuis le Val d'Argent, en Alsace, à l'écart des autoroutes monotones de la culture et du tourisme... Si la réponse est oui, alors vous ne serez pas perdu(e), et nous espérons que la lecture de ces pages vous permettra de revivre un moment musical, théâtral ou cinématographique palpitant.

En 2001, Rodolphe Burger, leader de Kat Onoma, éminent aventurier du rock français et homme de rencontres, a ainsi créé autour de sa petite ville d'origine, Sainte-Marie-aux-Mines, un festival de musique et cinéma pas comme les autres : loin de Paris, dans un cadre exaltant et chaleureux, "C'est dans la vallée" propose une programmation de qualité, exigeante et néanmoins très accessible, tout en associant les habitants du Val d'Argent à cette grande fête des sens et de l'esprit. Car qui dit "festival" dit "festivités", donc "fraternité" et "bonhomie"... (N'oublions pas que nous sommes à deux pas du Col du Bonhomme).

Pour la sixième édition de "C'est dans la vallée", du 8 au 11 juin 2006, nous avons donc décidé de nous livrer à ce petit journal de bord, afin de rendre compte spontanément (du moins nous l'espérons !) des événements, petits ou grands, esthétiques ou anecdotiques, qui vont forcément éclore pendant ces quatre jours. Pour Rodolphe Burger, l'édition 2005 "fut à la fois magique et sereine, festive et paisible, une réussite unanimement saluée" ; et si l'édition 2006 s'avérait encore plus magique ?...

Dans la mesure du possible nous publierons quotidiennement nos textes, photos, dessins et extraits sonores durant les quatre jours du festival, et nous complèterons le blog par la suite. Ces chroniques sont faites pour être partagées. Si vous êtes sur place, n'hésitez pas à venir nous trouver si vous souhaitez y participer. Si vous n'y êtes pas... et bien vous n'êtes pas tout à fait malheureux puisque vous pouvez réagir à nos messages en postant des commentaires à leur suite.

à tout de suite donc!

Les auteurs : Lucie et Anthony    

Posté par Anthony B à 01:27 - - Commentaires [6] - Permalien [#]


Un avant-goût électrique

Le 17 mai dernier, à la Flèche d'or à Paris, nous avons eu un petit avant-goût de ce qui nous attend à Sainte-Marie-aux-Mines. Un concert de Rodolphe Burger et son Meteor Band, en dialogue avec David Thomas de Père Ubu, Joan d’Ez3kiel et Lionel Pierres d’Abstrackt Keal Agram, et Black Sifichi: de l'accordéon à l'électro en passant par le slam, ces rencontres improbables et fructueuses sont représentatives de l'esprit de C'est dans la vallée. Ce soir là au dessus des voies de la petite ceinture, il faisait moite et orageux, l'électricité a gagné peu à peu le public et le concert a décollé, survolté avec une très belle reprise du Velvet Underground.

Pour plus de détails, vous pouvez vous rendre ici.

Posté par lucie nicolas à 09:10 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

Entrez dans la vallée

Pour entrer dans la vallée, il faut trouver le passage secret. Le voici:


James Blood Ulmer - Take my music back to the church

Quand James Blood Ulmer fait du blues... Pur et simple. Comme sa prestation à la chapelle lors de la quatrième édition.

Attention à la voix, ça fait mal !

Cliquez ici pour entendre le titre extrait de l'album de James "blood" Ulmer !

Posté par _MDO_ à 09:20 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

07 juin 2006

Précision technique

Nous travaillons toujours sur l'aspect du blog. L'insertion de sons demeure légèrement récalcitrante. Il se peut que vous ne voyez pas apparaître dans le message le lecteur MP3. Aussi, nous avons décidé d'insérer les fichiers sons également sous la forme d'un lien sur lequel vous cliquez pour écouter le morceau (uniquement pour ceux qui ne réussissent pas à voir le lecteur).

Et nous avons plein de scoops sonores en perspective, directement sortis tout chaud des consoles après les concerts.

Bonne écoute!

Posté par lucie nicolas à 09:19 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


J-1

J-1!

Aujourd'hui, nous sommes en route vers la vallée. Demain soir, début des réjouissances. L'auteur Olivier Cadiot, le comédien Laurent Poitrenaux et Rodolphe Burger ouvrent le bal par une lecture musicale dans l'Eglise de St-Pierre-sur-l'Hâte. Ces trois là ont déjà beaucoup en commun, le second ayant joué dans des spectacles sur les textes du premier (avec le metteur en scène Ludovic Lagarde), le premier écrivant des chansons pour le troisième, et maîtrisant avec un doigté certain le lancement des samples en concert. (Vous suivez toujours?) Une collaboration déjà bien ancrée au travers de On n'est pas des indiens, c'est dommage et Hôtel Robinson,  - deux  albums traversés par les paroles des habitants de la vallée de la Petite Lièpvre dans les Vosges et de l'île de Batz en Bretagne - , qui se poursuit donc. Nous attendons de pied ferme la suite des robinsonnades.

Pour mieux se rendre compte de ce que peut donner cette poésie sonore parcourue de lapins fluos et autres phénomènes mutants de notre monde moderne, un petit extrait de Retour définitif et durable de l'être aimé, lu par Cadiot himself au Théâtre de la Colline, le 14 janvier 2002. Vous pouvez également retrouver cet auteur touche-à-tout dans nos liens (colonne de droite).

Posté par lucie nicolas à 13:50 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

09 juin 2006

Temporisation

5Voilà voilà, ça vient! Nous avons quelques déboires informatiques mais ça se résoud... Chroniques et images vont suivre très vite ce message.

L'ouverture du Festival s'est faite hier en fin d'après-midi, très sobrement dans le hall du Théâtre. Les organisateurs de C'est dans la vallée étaient là, ainsi que les partenaires, les élus locaux et bien sûr les journalistes parmi lesquels nous nous sommes faufilés. En arrière-fond, le beat de Laurent Garnier s'évade de la salle du théâtre. Puis tout ce petit monde est monté dans le car pour s'acheminer vers la mine d'argent, où a lieu le concert de Saadet Turkoz, en avant-première pour les invités. Rendez-vous dans les abums donc pour des photos en exclu!

Posté par lucie nicolas à 13:17 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

Des scoops rien que pour vous!

Au moment où je vous écris nous apprenons la participation de Daniel Darc à la soirée hommage à Gainsbourg programmée demain soir. A l'affiche également Mick Harvey, l'homme à tout faire des Bad Seeds (le groupe de Nick Cave), Jacques Higelin (en train d'enregistrer son album à la Ferme avec Rodolphe), et Fred Poulet...

Joran, le tourneur de Rodolphe, est toujours au téléphone pour trouver d'autres artistes!!!

Posté par lucie nicolas à 14:16 - Commentaires [1] - Permalien [#]

10 juin 2006

Au fond de la grotte, un diamant…

Performance de Saadet Türköz  en avant-première, jeudi 8 juin (18h), dans la mine d'argent Gabe Gottes

L’édition 2006 du festival a commencé sur les chapeaux de roue, et c’est vraiment le cas de le dire, car sitôt les discours d’inauguration achevés, un bus emmène une petite troupe d’une trentaine de courageux (dont nous sommes, sans forfanterie...) depuis le Théâtre de Sainte-Marie jusqu’à l’ancienne mine d’argent Gabe Gottes. Jusque-là, rien d’exceptionnel, direz-vous... Sauf que le bus prend lentement de l’altitude, se hissant au-dessus de la vallée par des routes sinueuses, et l’on commence à se douter qu’une drôle d’expédition va commencer. Une expédition, effectivement, au sens premier du terme, davantage qu’un simple concert... Quand même étrange, cette entame de festival... Et très excitante ! D’emblée on comprend qu’on n’est pas à Belfort ou à La Rochelle : on ne va pas se contenter de se planter devant une grande scène et de lever la tête ; ici, on va nous faire faire du sport... et c’est tant mieux !

371Mettant pied à terre, nous sommes accueillis d’abord par une aquatique fraîcheur et un parfum de mousse humide contrastant singulièrement avec la lumineuse chaleur qui dore (et endort) la ville en contrebas ; ensuite, accueillis par toute une équipe nous fournissant bottes, ciré et... casque à l’éclairage... Oui. Je vous le répète, il s’agit bien là des prémices du premier spectacle programmé, celui de la chanteuse orientale Saadet Türköz ; pourtant, tout concourt à nous faire croire qu’on nous emmène participer à un combat dont on ignore l’issue, ou tout du moins qu’on nous invite à un inquiétant périple entre Germinal et Jules Verne...

On nous a pris pour des francs-tireurs, pour des aventuriers chevronnés ? Eh bien pas de problème, on assume et on fonce : serrons les casques, fermons bien les cirés, suivons les guides, et hop, c’est parti, tout le monde à la queue-leu-leu dans les entrailles de la montagne... Le passage est étroit, juste de quoi se faufiler entre les parois ruisselantes, les bottes à demi plongées dans une eau fraîche. La lueur mouvante des casques déchire les ténèbres et les éparpille par endroits, rendant le long boyau de pierre quasi accueillant, si si ! Du moins, le jeu s’avère plaisant pour l’enfant aventurier qui sommeille forcément en chacun de nous. Et floc, et floc, et floc... Nous voilà enfin arrivés à destination, tous réunis dans une chambre souterraine, comme au cœur sépulcral d’une pyramide, sauf qu’ici le silence est vaincu par de perpétuels clapotis et par l’écho de cascades... Une petite scène s’est improvisée au flanc de la roche, garnie d’une chaise, d’un pupitre, de bougies, de branches de sapin, le tout auréolé de lueurs bleuâtres. Est-ce donc la Sibylle qui va surgir de son antre ?

478Non, pas vraiment. Une petite dame tout sourire débarque sur la scène, emmitouflée dans un ciré jaune, bottée et casquée comme nous : drôle d’endroit pour une rencontre, et drôle de prêtresse... Courtoise, affable, rayonnante, Saadet Türköz  s’excuse de ne pas parler français, et commence à présenter ses chansons en alternant suisse allemand et anglais. Puis le vrai voyage débute... Aspiration, expiration, concentration, et la voix s’élève, a capella, nue, dans toute sa pureté. L’assemblée est littéralement saisie, capturée par le souffle de ce petit bout de femme qui parvient à alterner mélopées recueillies, effusions de tendresse, séduction effrontée, féminité torride, douleur exacerbée, provocations martiales... Histoires d’amours impossibles, de trahisons, de violence et de mort : on n’y comprend pas un mot, mais on devine, et le frisson ne peut s’empêcher de gagner les membres, pas seulement en raison de la fraîcheur régnant dans la grotte. Le chant de Saadet fait onduler des serpents sur les parois de la yourte rocheuse, allume des feux de camp dans les recoins, esquisse une enivrante danse égyptienne, dessine d’un trait plein les vastes plaines kazakhes, nous brinquebale des souks de Turquie aux montagnes de Chine, en un mouvement fluide et perpétuel. Toutes les saveurs et tous les délires enfiévrés de tous les Orients sont convoqués par cette voix, et aussi par ce visage aux multiples expressions, d’une douceur candide et enflammé de colère dix secondes plus tard. Mais le véritable miracle est là : Saadet ne s’avère pas une simple chanteuse traditionnelle. En entremêlant les références culturelles et les imaginaires au sein d’une même chanson, en accélérant et précipitant les rythmes, en variant les textures, en oscillant entre la litanie, la comédie et la terreur, elle prend pied dans une modernité qui ne peut que nous étourdir. En Suisse, elle s’est frottée au free jazz et aux "musiques vivantes" d’Occident, et honnêtement, lorsque Saadet se lance à voix déployée dans des improvisations tantôt virevoltantes tantôt rugueuses, il est difficile de ne pas y déceler une fraternité avec les guitares ondoyantes de Fred Frith ou le chaos métallique (et maîtrisé) de DNA (pas le journal, bien sûr, mais l'ancien combo d'Arto Lindsay). Apothéose d’un spectacle à l’intensité exponentielle, la chanson finale prend des atours de théâtre japonais mâtiné d’esprit punk rageur, la mélodie se dilue et s’annihile dans d’effrayantes invectives, la combustion est imminente, puis tout se fige en un cri. Suivi d’un beau sourire : Saadet a réussi son tour de magie, et nous revoilà sur terre, face, dirait-on, à une petite fille candide...

Sorcière, sibylle, prêtresse, chanteuse ultime, passeuse de temps... peu importe le titre précis qu’on lui décerne : Saadet Türköz, diamant 24 carats, a simplement resplendi dans les profondeurs de la mine d’argent, l’espace d’un court spectacle... sans artifices. L’expédition en valait vraiment la peine ; maintenant, on peut faire demi-tour, fendre les eaux et rejoindre la lumière. Enfin, celle du soleil...

Pour voir et entendre Saadet chanter, rendez-vous sur son site (voir liens colonne de droite).

Posté par Anthony B à 13:49 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

Pas perdu pour tout le monde!

Lost World, ciné-concert, vendredi 9 juin (20h) au Théâtre

61Premier ciné-concert et première projection du festival, Meddhi Haddab et ses comparses ont choisi d'accompagner Le monde Perdu de Harry O. Hoyt et Willis O'Brien, un film de 1925 basé sur le roman de Conan Doyle. Smadj et Haddab se répondent d'oud à oud dans un dialogue virevoltant, oriental. Loan envoie des nappes de samples par en dessous. Les instruments, version électrique changent soudain de son. Mehdi, debout lance des notes saturées, sa silhouette se détache sur l'écran. Leur musique est très forte, elle nous prend complètement au point que le film nous paraît pâlichon, on a finalement plutôt envie de danser que de regarder l'écran. Pendant ce temps, les dinosaures en carton-pâte et l'homme maquillé au cirage en singe grimaçant prêtent à sourire. Au-delà du fait que le film est daté, il n'y a pas assez de tension dans le scénario, un ersatz de King-Kong. On attend avec impatience L'Aurore de Murnau ce soir.

Pour revenir à la musique, chapeau à duoud, on exige un album pour bientôt!

Posté par lucie nicolas à 14:29 - - Commentaires [0] - Permalien [#]